
Le Ministère du Budget a annoncé des coupes dans les programmes énergie dans le cadre d’une enveloppe globale de 1,3 milliard d’euros de réductions transversales. Deux lignes sont directement affectées :
- 142 M€ annulés sur le programme « Service public de l’énergie » (compensation des obligations d’EDF et des fournisseurs)
- 160 M€ gelés jusqu’au 31 décembre 2026 sur le programme énergie-climat
La justification avancée par Bercy est avant tout mécanique : la hausse des prix de marché de l’électricité réduit l’écart entre les tarifs garantis aux producteurs (contrats d’achat, complément de rémunération) et les prix spot. L’État verse donc moins de soutien effectif — même si les dispositifs restent juridiquement en place.
Par ailleurs, la Commission de Régulation de l’Énergie (CRE) a réévalué les charges de service public de l’énergie à 12,3 milliards d’euros pour 2026, soit 631 M€ de moins que l’année précédente, ce qui conforte la décision de Bercy.
Ce que cela change concrètement pour vos projets
Les contrats d’achat existants ne sont pas remis en cause. En revanche, les 160 M€ gelés pourraient être définitivement annulés ou dégelés selon l’évolution des prix de marché en fin d’année.
Les appels d’offres CRE restent ouverts et les tarifs d’achat en autoconsommation sont inchangés. L’enjeu est de déposer les dossiers dans les fenêtres existantes, avant toute réforme des soutiens en loi de finances 2027.
Le paradoxe est réel : l’État coupe dans ses programmes énergie tout en affichant des objectifs ambitieux d’accélération des EnR. La fenêtre d’opportunité reste ouverte — mais elle mérite d’être saisie rapidement.
Source : Tecsol Quotidien, septembre 2026 — CRE, rapport charges de service public 2026.
