solaire-info était présent au Séminaire régional pour le développement du photovoltaïque en PACA

La DREAL Provence-Alpes-Côte d’Azur a organisé le mardi 18 juin 2019 un séminaire pour le développement du photovoltaïque en Provence-Alpes-Côte d’Azur en préfecture de région (Marseille – Bouches-du-Rhône).

Réunissant plus de 200 acteurs du photovoltaïque (collectivités, professionnels, associations, services de l’Etat et établissements publics), le cadre régional pour le développement du photovoltaïque en Provence-Alpes-Côte d’Azur a pu être présenté. S’en sont suivis trois tables rondes :

  • Mobiliser le potentiel photovoltaïque au sol dans le respect des enjeux du territoire ;
  • Libérer le photovoltaïque sur les toitures et ombrières ;
  • Développer l’autoconsommation ?

Virginie Schwarz, directrice de l’énergie à la DGEC, a ainsi pu clôturer le séminaire dans une dynamique de mobilisation des acteurs et amenant les collectivités à mieux prendre en compte les énergies renouvelables et plus particulièrement le photovoltaïque dans leurs stratégies territoriales et la planification.

Vous pouvez télécharger le compte rendu du séminaire sur le site de la DREAL ici

Enfin une loi qui va dans le bon sens !!

Espérons que ce ne soit qu’un début…

L’adoption définitive de la loi PACTE ouvre enfin la perspective de l’autoconsommation au niveau d’un quartier. L’arrêté qui devrait être publié en septembre 2019, permettra d’installer jusqu’à 3 MWc de centrales solaires dans un espace circulaire de 2 km de diamètre.  

Troisième trimestre 2019 : la solidité de la reprise du marché photovoltaïque se confirme

La  32ème édition de l’Observatoire de l’énergie solaire photovoltaïque traite  de  l’activité  des  installations  photovoltaïques  au  3ème trimestre  2019  en  France. Les représentants du think-tank France Territoire Solaire en retiennent les conclusions suivantes :

1 –  Le volume de raccordement au 3ème trimestre 2019 s’établit autour de 280 MW*. Ce volume est en hausse  par  rapport  au  2ème trimestre  (224  MW),  qui  lui-même  était  en  hausse  par  rapport  au  1er trimestre (160 MW).

2 –  Ce 3ème  trimestre est marqué :

o  par une légère reprise sur le segment « autoconsommation » (totale ou partielle), avec 6 000 installations raccordées,

o  par une légère hausse du segment des installations domestiques (<9 kW), avec un volume de 23 MW,

o  par une forte hausse du segment des moyennes toitures (9 à 100 kW), atteignant un volume de 61 MW, amplifiant encore plus la dynamique déjà observée,

o  par une hausse du segment des grandes toitures (100 à 250 kW), atteignant un niveau de 30 MW, confirmant une bonne dynamique,

o  par une légère baisse sur le segment des très grandes toitures (250 kW à 1 MW), avec un volume de 6 MW,

o  par une nouvelle hausse du segment des grandes installations (1 MW et +), atteignant 158 MW ce trimestre.

3 – La file d’attente poursuit une forte croissance et le stock de projets dépasse les 5,3 GW au terme de ce 3ème trimestre  2019.  Par  rapport  au  trimestre  précédent,  la  hausse  des  volumes  ayant  signé  une convention de raccordement laisse augurer un bon 4ème trimestre.

« Avec  280  MW  raccordés,  ce  troisième  trimestre  2019  confirme  la  tendance  à  la  hausse  des  volumes raccordés. Cette reprise dont nous avions déjà pu déceler les signaux faibles au trimestre précédent, peut s’expliquer par l’arrivée des projets lauréats de la deuxième vague de l’appel d’offres CRE 4, dont la date limite de raccordement était fin juillet 2019, auxquels viennent s’ajouter les retardataires des vagues précédentes. Si  cette  croissance  s’amplifie  à  nouveau  au  prochain  trimestre,  l’année  2019  constituerait  un  bon  cru  et potentiellement l’amorce du changement de rythme annuel requis pour se placer sur la trajectoire prévue par la PPE qui prévoit 3 GW par an.

Toutefois, il est important de garder à l’esprit que le cycle des projets solaires est pluriannuel et que les freins actuellement  subis  en  matière  de  procédures  administratives  et  de  délivrance  des  permis  de  construire impacteront  les  volumes  de  raccordement  à  venir,  et  par  conséquent  l’objectif  annuel  de  3  GW  »  déclare Antoine Huard, Président de France Territoire Solaire.

NB : les chiffres de cet Observatoire concernent la France continentale, ils sont légèrement différents des chiffres du CGDD, car l’Observatoire n’a pas accès aux données de raccordement et de file d’attente des entreprises locales de distribution (ELD), ces dernières n’étant pas publiées.

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Les substantielles retombées économiques locales des projets citoyens renouvelables

Les énergies renouvelables sont un moteur de développement pour les territoires. Maîtrisées et financées par les collectivités territoriales et les habitants, les installations citoyennes d’énergie renouvelable maximisent les retombées économiques locales. Celles-ci peuvent être multipliées par 2 ou 3 selon la part des investisseurs locaux au capital et le recours aux prestataires locaux. Analyse !

L’équation est simple. Un projet citoyen en matière de renouvelable rapporte au moins 2 fois plus au territoire. Dans un projet citoyen, le territoire garantit et maximise les retombées du projet grâce aux prestations locales et aux revenus issus de l’investissement des collectivités et des citoyens. Dans un projet privé, le territoire ne bénéficie que du revenu de la fiscalité et des loyers liés à l’occupation de l’espace, ainsi que d’une part variable de prestations locales. Une réelle participation à la gouvernance du tissu citoyen et des collectivités territoriales tout au long du projet – dès lors que ces parties prenantes sont formées et accompagnées – sécurise quant à lui les retombées locales en maîtrisant les choix et les coûts du projet. De cette gouvernance découle la transparence qui est l’autre clef des projets publics et citoyens permettant la maîtrise et l’optimisation des retombées sur le territoire.

Résultats d’une étude menée avec Energie Partagée

Les retombées économiques locales ont été comptabilisées sur un échantillon de 36 installations citoyennes de 88 MW de puissance (soit 69% de la puissance totale en fonctionnement), représentatif de leur diversité dans le mouvement Energie Partagée 1. Les résultats ont ensuite été extrapolés sur l’ensemble du parc citoyen éolien et photovoltaïque en exploitation à l’échelle nationale à la date de juin 2019, soit 98 installations (128 MW). Les données servant aux calculs proviennent directement des pièces financières des porteurs de projets (livres de comptes, factures, etc). Il est à noter que les retombées économiques sont calculées pour cette étude sur une période d’exploitation de 20 ans même si les installations d’énergie renouvelable ont une durée de vie bien supérieure.

Près de 100 millions d’euros de retombées locales !

Ce n’est pas un hasard si le revenu de l’investissement local, les salaires et bénéfices des prestataires, constituent près des deux tiers des retombées locales. Investir, c’est avoir accès aux revenus associés, mais c’est aussi prendre part à la gouvernance des projets et donc aux choix des prestataires. La boucle est ainsi bouclée pour faire de vrais projets de territoire. À l’échelle de l’ensemble des projets citoyens, c’est près de 100 millions d’euros de retombées locales qui sont ainsi injectées dans les territoires qui les accueillent.

80% des retombées locales sont créées en phase d’exploitation

Les retombées locales sont maximales sur la durée de vie entière de l’installation. D’où l’importance d’encourager les investisseurs citoyens à venir rapidement et à rester sur le long terme au capital des projets « Trop souvent, ce sont les grands opérateurs et entreprises étrangères qui détiennent le capital des gros projets imposés aux riverains. Et qui en retirent tous les bénéfices … Notre projet citoyen, c’est l’inverse : le capital est détenu en majorité par les particuliers et les entreprises locales, et 100% du revenu revient dans le territoire !» témoignent Les Ailes des Crêtes à Chagny (08).

Les projets citoyens rapportent au territoire au moins 2,5 fois ce qui a été investi

Pour 1 euro investi dans un projet citoyen de production d’énergie renouvelable, 2,5 euros profitent au tissu économique local grâce à la fiscalité, les loyers, les salaires, les prestations et les revenus de l’investissement.Investir au capital d’un projet citoyen d’énergie renouvelable, c’est permettre à une installation de sortir de terre et de faire avancer la transition énergétique. C’est aussi participer au développement local de son territoire. « On a cherché à travailler au maximum avec des entreprises locales pour les études. L’installateur vient de Toulouse et la maintenance est à 40 km. On y a également ajouté un critère social : pas d’intérimaire, pas de travailleurs détachés » assure le réseau Céléwatt à Brengues (46).

1/Étude réalisée avec le soutien de : www.energie-partagee.org. Énergie Partagée fédère, accompagne et finance les initiatives de production d’énergie renouvelable portées et maîtrisées par des collectifs citoyens et des collectivités locales. Elle compte 10 réseaux régionaux, 267 adhérents et 236 projets suivis

Accéder à l’étude


Qu’appelle-t-on « retombées économiques locales » ?

Les retombées économiques locales sont issues des revenus de l’investissement, des emplois et prestations liées, de la fiscalité et du versement de loyers. Les retombées sont calculées depuis le développement jusqu’à la fin de l’exploitation de l’installation. Elles bénéficient aux collectivités, aux citoyens et aux entreprises locales.

Projets renouvelables participatifs : des bénéfices locaux et pour tous

Energie Partagée vient de rendre publique, avec le soutien de l’Ademe, une étude sur l’impact économique local des projets citoyens. Et le bilan est largement positif pour les collectivités locales, pour les citoyens et pour la transition énergétique. décembre 11, 2019 Joël Spaes

Economie des projets citoyens

Les retombées économiques locales peuvent en effet être multipliées par deux ou trois selon la part des investisseurs locaux au capital et le recours aux prestataires locaux. C’est à l’occasion des premières Assises nationales des énergies renouvelables citoyennes, le 10 décembre, qu’Energie Partagée a présenté son analyse fondée sur les projets qu’elle a développés (36 projets passés à la loupe, mais extrapolés à l’ensemble du « parc » d’Energie Partagée), prenant en compte (pour l’heure) uniquement des projets éoliens et solaires, ces dernier représentant, en nombre la majeure partie des développements. Le caractère local des projets se rapporte à la définition de la Commission de régulation de l’énergie (CRE), c’est-à-dire prenant en compte au-delà des collectivités locales, le département d’implantation, et les départements limitrophes.

L’étude considère quatre grands paramètres : retombées fiscales, versements de loyers aux propriétaires de terrains, dividendes distribuables et emplois et prestations locales. Par rapport à un projet privé « classique » l’étude affirme qu’un projet citoyen rapporte au moins deux fois plus au territoire.

À l’échelle de l’ensemble des projets citoyens, ce sont près de 100 millions d’euros de retombées locales qui sont ainsi injectées dans les territoires qui les accueillent, insiste l’étude. En outre, 18% de ce montant intervient pendant la phase de développement du projet, tandis que près de 80% interviennent sur les 20 ans d’exploitation (durée retenue par l’étude, mais qui s’avère souvent plus longue). La fiscalité locale représente ainsi environ 24% d’un tel projet participatif, les loyers, 11%, l’emplois et. Les prestations locales, 34% et le revenu de l’investissement local, environ 31%, alors que dans un projet privé, les deux derniers aspects sont largement variables et non garantis, insiste l’analyse. En outre, en localisant la gouvernance des projets, ces derniers sont mieux acceptés, insiste Energie Partagée.

Un dernier point largement souligné par un « Avis de l’Ademe » publié le même jour, l’Agence insistant sur la complémentarité des deux modalités de financement participatif (projets à gouvernance locale et projets participatifs, souvent via un crowfunding) et met l’accent sur les projets renouvelables à gouvernance locale, portés par et pour les territoires.

L’Ademe estime également que « pour les collectivités, c’est un moyen de favoriser l’appropriation locale des projets et leur intégration, et d’optimiser leurs retombées socio-économiques sur les territoires, en particulier lorsqu’il y a gouvernance locale. Pour les citoyens, ces projets sont une façon de passer à l’action et de s’impliquer en faveur de la transition énergétique. »

Focus Occitanie

Dans son « Avis », l’Ademe précise qu’en Occitanie, la Région et l’Agence soutiennent le développement de ce type de projets depuis 2014, via un appel à projets annuel. On dénombre aujourd’hui plus de 90 sociétés coopératives et citoyennes de production d’énergie renouvelable en Région Occitanie, dont 46 sont lauréates de l’appel à projet. Elles bénéficient d’une aide financière pour l’émergence de leurs projets (études de faisabilité technico-économiques, juridiques et communication) puis d’une aide à l’investissement (une prime citoyenne pour 1€ citoyen récolté, 1€ région versé à hauteur de 100 000€). 21 structures portent un ou plusieurs projets en exploitation représentant plus de 27 MW dont plus de 4 000 actionnaires citoyens et près de 50 collectivités engagées dans la gouvernance des sociétés de projets. D’après une évaluation de la dynamique dont les résultats seront présentés aux Assises, 1€ de soutien financier à ces projets permet de générer 50€ de retombées locales. Cette dynamique est accompagnée par l’association ECLR (Énergies Citoyennes Locale et Renouvelables Occitanie), relais régional d’Energie Partagée Association. 80 % des projets concernent la production d’électricité à partir du solaire photovoltaïque au sol ou sur toitures mais, depuis 2018, de nouvelles filières se développent dont celle du bois énergie.

Le photovoltaïque consomme-t-il trop de terres? L’UE dit non

Le Centre commun de recherche de la Commission européenne a créé un ensemble de données permettant de définir le potentiel d’énergie solaire dans les 28 États membres. Les données montrent que même une multiplication par 100 de l’énergie photovoltaïque actuellement installée nécessiterait un nombre très limité de terrains, bien moins que l’énergie éolienne. octobre 11, 2019 Emiliano Bellini

Photo : 12029, pixabay

Des scientifiques du Centre commun de recherche de l’Union européenne (JRC, en initiales anglaises) ont créé Enspreso – un ensemble de données permettant d’évaluer l’utilisation potentielle des terres pour les énergies renouvelables dans 276 régions des États membres de l’UE et de calculer la capacité de production qui peut être installée.

Dans le document ENSPRESO – an open, EU-28 wide, transparent and coherent database of wind, solar and biomass energy potentials, publié sur le site Web de ScienceDirect, les chercheurs signalent que l’ensemble des données relatives aux 28 États membres de l’UE propose des modèles énergétiques sur le potentiel des énergies renouvelables selon des scénarios réalistes de limitations d’utilisation des sols et une analyse des ressources existantes.

Les auteurs du document ont souligné que les énergies solaire et éolienne ont, séparément, ont le potentiel de produire trois fois plus d’électricité que ce que l’UE a produit en 2016. Le document conclut que les projets solaires nécessaires pour atteindre cet objectif n’occuperaient que 1,4% de l’ensemble des terres de l’Union, alors que les éoliennes nécessiteraient une superficie d’au moins 16%.

Scénario idéal

Le potentiel solaire a été calculé en tenant compte des données sur l’irradiation solaire pour les toits, les façades et les terrains disponibles de tout type, combiné à l’analyse géospatiale des zones adaptées aux installations photovoltaïques et au développement possible des technologies solaires disponibles, à savoir l’énergie photovoltaïque et l’énergie solaire à concentration (CSP).

Dans l’hypothèse d’une capacité d’énergie solaire de 170 MW par kilomètre carré, de la pleine utilisation des zones artificielles disponibles et de 3% des surfaces non artificielles disponibles, l’UE pourrait accueillir 10 TW de capacité solaire, selon le rapport, ce qui serait suffisant pour produire 11 000 TWh n’occupant que 1,4% de la superficie totale de l’UE. Et pas tout ce 1,4% serait des terres agricoles.

Ce 1,4%, cependant, est relatif au meilleur scénario possible d’un point de vue théorique et il est beaucoup plus probable que le développement futur de l’énergie solaire occupera encore moins de terres dans l’UE au cours des prochaines décennies. L’étude ne prend pas non plus en compte les nouvelles avancées technologiques qui pourraient être réalisées pour que les installations solaires prennent moins de place. Les chercheurs ont ajouté que leurs chiffres ne tiennent pas compte non plus des restrictions d’utilisation des sols qui pourraient se matérialiser du fait de leurs coûts plus élevés ou de l’opposition publique aux centrales solaires.

Débat sur l’utilisation des terres

L’opposition à l’énergie solaire fondée sur la thèse de la consommation de terres agricoles n’est pas nouvelle, mais elle a été récemment renforcée dans plusieurs pays européens comme les Pays-Bas, où des restrictions ont été introduites en mai pour le développement de grands parcs solaires, on l’Italie, où l’opposition a été nette dans certaines provinces où de grandes concentrations de projets sont en cours de création. En Allemagne et en France également, des manifestations ont été organisées contre les parcs solaires et en Corée du Sud, l’exploitation forestière de centrales photovoltaïques a été dénoncée.En mai, l’Agence française de l’environnement et de l’énergie (Ademe) a publié un rapport sur le potentiel solaire des surfaces négligées et de parkings, identifiant 17 764 sites pouvant abriter 53 GW de photovoltaïque. Par ailleurs, 70 % des sites retenus présentent un potentiel compris entre 0,5 et 2,5 MW, une capacité dont la taille ne permet pas d’avoir des prix aussi compétitifs que ceux obtenus avec de très grandes centrales.

Pour le SER, il faudrait installer 4 GWc par an en PV pour tenir l’objectif de la PPE

Le secteur solaire français se porte plutôt bien, mais le programme « piétine » un peu, a indiqué Jean-Louis Bal, le président du Syndicat des énergies renouvelables (SER), lors d’une conférence de presse ce mardi 15 octobre, sur l’état d’avancement de la programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE). octobre 16, 2019 joelspaes

La PPE présente la trajectoire à atteindre pour le mix énergétique à l’horizon 2023 et 2028. Le président du SER constate que sur les années passées, la progression du solaire photovoltaïque atteint environ 1 GWc par an, et avec les résultats des appels d’offres de la Commission de régulation de l’énergie, ce chiffre devrait atteindre en 2021, 2 GWc par an. « Ce qui est encore insuffisant pour tenir l’objectif de la PPE » (20,6 GWc en 2023 et entre 35,6 et 44,5 GWc en 2028) car il faudrait installer 4 GWc par an, insiste Bal.

Même si la récente loi énergie-climat facilite le développement du PV en mettant un seuil minimal de 30% sur les toitures des entrepôts, supermarchés et ombrières de parking (article 6 quarter).

Le SER juge donc nécessaire d’aller plus loin pour faciliter l’émergence de nouveaux projets. Et propose des pistes. Bal indique ainsi que la taille de certains projets n’est pas adaptée aux appels d’offres actuels. Il faudrait ainsi « instaurer un guichet ouvert pour les installations de moins de 500 kWc », ajoutant que « c’est ce que permet l’encadrement des aides d’Etat au niveau européen ».

Par ailleurs, pour les centrales de grande puissance, il est nécessaire de poursuivre les efforts afin de faciliter l’accès au foncier, et notamment auprès des grands maîtres d’ouvrage publics, telle l’armée, etc.

En outre, le SER rappelle l’obligation d’élargir le marché de l’autoconsommation collective.

S’exprimant ensuite sur la production de chaleur solaire, Bal a rappelé qu’une filière naissante avait besoin de soutien. Tout en se félicitant que le Fonds Chaleur continue de s’appliquer à des projets de taille industrielle (des milliers de m2 de capteurs), les premiers projets arrivent avec des chiffres compétitifs. Grâce à des capteurs de 15 M2, il est désormais possible de réduire d’un tiers le coût de la chaleur solaire, qui descend à 50 Euros/MWh.

Le président du SER a cependant tenu à préciser, face aux inquiétudes d’une conflit potentiel avec les terres agricoles, que les objectifs de la PPE, conduisent à des besoins de l’ordre de 2 000 à 3 000 hectares par an (PV surtout) ; chiffre à comparer à l’artificialisation des sols qui atteint aujourd’hui un taux de 35 000 has par an, et à la forêt qui s’étend sur des terres agricoles, à raison de 85 000 has par an. Ce qui n’empêche pas, a-t-il martelé qu’il faut privilégier des sols dégradés ou déjà artificialisés.

Enfin, le président du SER a dévoilé qu’il y aurait un grand intérêt à développer la géothermie électrique, qui a l’avantage de présenter, en parallèle, la possibilité de développer une filière française de production de lithium (largement utilisé dans les batteries). En effet, explique-t-il, le lithium est présent dans les eaux profondes géothermiques et pourrait en être extrait. Selon l’association française de géothermie, qui se fonde sur de premiers retours d’expérience, en extrayant 80% du lithium de la boucle primaire des circuit géothermiques, on pourrait disposer de 1 500 tonnes par an, et avec dix centrales de ce type, fournir 6% des besoins mondiaux.

Un mégaprojet solaire confirme que les Emirats Arabes Unis sont un acteur majeur des EnR dans le monde

Le 31 octobre, les développeurs internationaux d’énergie renouvelable soumettront à Abu Dhabi des propositions visant à développer un système solaire unique au monde de 2 gigawatts (GW) dans l’émirat qui devrait être le plus grand projet solaire sur la planète. Andrew Roscoe, rédacteur en chef chez MEED Energy de GlobalData, a déclaré: “Les Émirats arabes unis (EAU) sont désormais un acteur de premier plan dans le développement de projets d’énergie renouvelable à grande échelle. Ils réalisent également des progrès remarquables dans leur cheminement ambitieux qui doit les conduire à 44% de leur énergie provenant de sources renouvelables d’ici 2050.

Ayant achevé le plus grand projet solaire au monde – le projet solaire photovoltaïque (PV) Sweihan de 1,17 GW à Abou Dhabi, la société Emirates Water & Electricity (Ewec) a donc lancé un appel à propositions pour ce projet solaire de 2GW prévu pour -Dhafra zone de l’émirat. Le projet a suscité un intérêt important de la part de près de 50 entreprises du marché mondial des énergies renouvelables, dont 25 ont participé au processus de préqualification.

Dubaï poursuit également la mise en place de plusieurs projets d’énergies renouvelables à l’échelle mondiale. Après le succès de ses premières incursions dans le monde de l’énergie solaire photovoltaïque, Dubaï s’est tournée vers l’énergie solaire à concentration thermique (CSP) pour la quatrième phase de son ambitieux parc solaire de Mohammed bin Rashid (MBR). Sa capacité totale devrait atteindre 5 GW d’ici 2030. Roscoe poursuit: «Alors que le CSP est plus cher que l’énergie solaire photovoltaïque, il offre l’avantage du stockage de l’énergie pour permettre la production d’électricité après les heures d’ensoleillement.»

Alors que la majeure partie de la capacité d’énergie renouvelable installée d’ici 2030 proviendra du développement solaire du MBR, Dubaï compte sur la mise en œuvre réussie de son ambitieux programme solaire sur les toits Shams pour atteindre son objectif de 75% d’énergie propre d’ici 2050. L’initiative Shams encourage les entreprises et les particuliers à installer des panneaux solaires connectés au réseau dans le cadre d’un contrat de facturation nette. Les utilisateurs bénéficient alors d’une réduction de leurs factures d’énergie pour l’électricité produite par leurs installations.

Global Green New Deal: les maires reconnaissent l’urgence climatique mondiale

Eric_Garcetti_Los_Angeles


Eric Garcetti (photo), maire de Los Angeles et président nouvellement élu du C40, a annoncé aujourd’hui aux côtés des maires du monde entier, dont Copenhague, Paris, Rio de Janeiro, Sydney et Tokyo, son soutien en faveur d’un Global Green New Deal (Nouveau Pacte vert mondial en français) et a reconnu l’urgence climatique mondiale.

Cette large coalition – comprenant aussi des jeunes activistes du climat et des représentants de syndicats, du monde des affaires et de la société civile – a déclaré son soutien à la vision d’un Global Green New Deal, alors que les maires des plus grandes villes du monde lancent l’alerte: la planète est aujourd’hui en  état d’urgence climatique. Les dirigeants des villes participant au Sommet mondial des maires du C40 à Copenhague, répondent ainsi à l’échec d’un système intergouvernemental bloqué par un petit nombre de gouvernements puissants au service de l’industrie des énergies fossiles.

Des bâtiments « zéro carbone »

À travers le Global Green New Deal, les villes ont réaffirmé leur engagement à protéger notre environnement, renforcer notre économie et bâtir un avenir plus équitable en réduisant les émissions provenant des secteurs principalement responsables de la crise climatique, à savoir les secteurs du transport, du bâtiment et des déchets, afin de maintenir le réchauffement climatique en dessous de l’objectif de 1,5 °C fixé par l’Accord de Paris. Cela implique notamment de prendre des mesures inclusives pour le climat en les plaçant au cœur de toutes les prises de décisions à l’échelle des villes, afin d’assurer une transition juste pour les personnes travaillant dans les industries à forte émission de GES et de mettre fin aux injustices environnementales persistantes pour les personnes que la crise climatique touche de manière disproportionnée, à savoir les populations des pays du Sud en général et les communautés les plus pauvres à travers le monde.

Éviter les pires conséquences de la crise climatique revient à réduire de moitié les émissions mondiales d’ici 2030: il faut améliorer la mobilité tout en remplaçant les véhicules polluants alimentés en énergie fossile par des alternatives propres, établir les codes de construction les plus strictes possibles, réduire les déchets, entre autres mesures. Des politiques sont déjà en œuvre dans des villes du monde entier, grâce à l’engagement des maires à la Déclaration pour des bâtiments « zéro carbone », la Déclaration en vue de tendre vers l’objectif « zéro déchet » et la Déclaration pour des rues plus vertes et plus saines du C40.

Gagner cette course contre la montre

Le Global Green New Deal a été immédiatement salué par tous ceux déjà engagés à l’action climatique telle que déterminée par la science: les chefs d’entreprise, investisseurs, membres du mouvement syndical et de la société civile, groupes autochtones, représentants d’implantations sauvages, et groupes sur lesquels le changement climatique et la pauvreté ont un impact disproportionné. Les maires Eric Garcetti, Anne Hidalgo et Frank Jensen ont lancé un défi clair aux dirigeants nationaux, chefs d’entreprise et investisseurs qui n’ont pas encore atteint les ambitions visées dans le Global Green New Deal.

« En tant que maires, notre grande priorité est de garantir la sécurité de nos citoyens. » déclare Anne Hidalgo, Maire de Paris et Présidente du C40. « L’Accord de Paris a été signé dans notre ville il y a bientôt 4 ans. Puis il y a tout juste un mois, les leaders du monde entiers réunis à New York ont à nouveau échoué à se mettre d’accord sur les mesures suffisantes pour contrer la crise climatique. Leur incapacité menace directement tous les citoyens du monde alors que le temps nous est compté. Le Global Green New Deal est l’atout pour gagner cette course contre la montre, et tous les décisionnaires doivent prendre leurs responsabilités face à ce défi. »

Les villes montrent la voie

« En matière d’action pour le climat, personne ne fait plus que les villes, mais personne n’en fait assez, » a dit Eric Garcetti, maire de Los Angeles. « Nous entrons dans une décennie décisive pour la préservation de notre planète et la justice environnementale pour chaque communauté – et je suis fier de présider le C40 en ce moment critique. Ensemble, nous continuerons à défendre le monde et à promouvoir une vie meilleure et plus équitable pour tous ceux qui y vivent. ». « Copenhague reconnait l’urgence climatique et s’engage dans le Global Green New Deal, car le changement du climat met en péril la sécurité, la santé publique et la prospérité, a lancé le maire de Copenhague Frank Jensen. « Il faut agir, et agir ensemble. Pas de doute, les villes possèdent déjà un grand nombre des solutions vertes dont nous avons besoin. »

« C’est dans les villes que la lutte contre le changement climatique sera en grande partie gagnée ou perdue “, a déclaré le Secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres. “Lors du Sommet sur l’action climatique qui s’est tenu en septembre aux Nations-Unies, au moins 70 pays et 100 villes ont convenu d’améliorer leurs plans nationaux d’ici 2020 – nous devons tirer parti de cet élan. Les villes sont au cœur de cette course, et je félicite le C40 pour son leadership en ce moment critique. » « La nécessité d’une action audacieuse pour le climat se fait plus urgente, et les maires et les villes montrent la voie et obtiennent des résultats », a déclaré Michael R. Bloomberg, Président du Conseil d’administration du C40, Envoyé spécial du Secrétaire général de l’ONU pour l’action climatique et maire de New York de 2002-2013. « Ensemble, les villes du C40 ont pris des milliers de mesures efficaces pour réduire les émissions de carbone, et elles prouvent comment la lutte contre le changement climatique contribue à stimuler la croissance économique et à améliorer la santé publique. Il n’y a pas de temps à perdre. »

« Cette coalition et les engagements en faveur d’un Green New Deal global sont très encourageants, a ajouté Alexandria Ocasio-Cortez, représentante du 14e district de New York à la Chambre des représentants des États-Unis. « Si nous unissons nos forces à l’échelle mondiale, alors nous saurons saisir cette chance pour faire face à notre plus grande menace. » « Dans un contexte d’urgence climatique, la seule réponse possible est l’action. L’intensité et la fréquence de certains aléas climatiques augmenteront et Montréal est prête à relever le défi avec audace. Aux côtés d’autres villes, nous avons pris plusieurs engagements, dont le One Planet Charter, le Deadline 2020, le Compact of Mayors et la déclaration du Sommet des élus locaux de Paris 2015. En reconnaissant l’urgence climatique et en s’engageant à atteindre la carboneutralité en 2050, Montréal a inscrit la lutte contre les changements climatiques au cœur de ses engagements », a affirmé la maire de Montréal, Valérie Plante. De nouveaux chiffres publiés avant le Sommet mondial des maires du C40 à Copenhague ont révélé que 30 villes ont désormais atteint leur pic d’émission et progressent rapidement vers une réduction nette à zéro. Plus de 100 villes du monde entier se sont désormais engagées à élaborer des plans d’action climatique conformes à l’objectif mondial de l’Accord de Paris visant à limiter le réchauffement climatique à 1,5 °C.


Les principes fondateurs du Global Green New Deal

  • Nous reconnaissons l’urgence climatique mondiale.
  • Nous nous engageons à maintenir le réchauffement climatique en dessous de l’objectif de 1,5 °C établi par l’Accord de Paris en réduisant les émissions dans les secteurs principalement responsables de la crise climatique, à savoir ceux du transport, du bâtiment et des déchets.

Les villes du C40 réduisent d’ores et déjà leurs émissions à une vitesse conforme aux limites déterminées par la science: atteindre un pic d’émissions d’ici 2020 et de réduire leurs émissions de moitié d’ici 2030. Chaque entreprise, individu, investisseur, partenaire, nation et représentant de groupes à implantations sauvages qui adhère au Global Green New Deal s’engagera à atteindre des objectifs similaires fondés sur des bases scientifiques.

Nous nous engageons à prendre des mesures inclusives pour le climat en les plaçant au cœur de toutes les prises de décisions à l’échelle des villes, afin de bâtir des communautés prospères et équitables pour tous.

Notre engagement prévoit de préserver les moyens de subsistance, aider à éradiquer la pauvreté, améliorer la qualité de vie, construire des sociétés plus équitables et garantir une transition juste pour les personnes travaillant dans les industries à forte émission de CO2. Le retard dans la lutte contre les changements climatiques a déjà des conséquences dévastatrices, et l’impact est plus sévère sur les communautés les moins responsables des émissions à l’origine de l’urgence climatique. Nous mettrons en œuvre un transfert urgent, fondamental et irréversible des ressources mondiales et des énergies fossiles vers des mesures visant à contrer l’urgence climatique, permettant ainsi de bâtir une civilisation écologique propre et juste.

Nous invitons nos partenaires, à savoir les dirigeants politiques, directeurs généraux, syndicats, investisseurs et représentants de la société civile, à se joindre à nous: reconnaissons tous l’urgence climatique mondiale et prenons des mesures fondées sur les sciences pour la surmonter.

Les entreprises, gouvernements, investisseurs, concitoyens, représentants des syndicats et de la société civile et communautés touchées par le changement climatique et la pauvreté formeront la coalition nécessaire pour faire face à la crise climatique. Nous travaillerons plus particulièrement en étroite collaboration avec les jeunes de nos villes qui se sont exprimés dans la rue, pour les aider à créer l’avenir durable auquel ils aspirent: offrons-leur des solutions pour traduire ces aspirations en politiques et en projets menés au sein des administrations municipales.

Eric Garcetti, le maire de Los Angeles, a été annoncé comme président désigné du C40 Cities, à la suite d’un vote du comité directeur de maires du C40 du monde entier.

Sun’Agri, pionnier de l’agrivoltaïsme dynamique, remporte la médaille d’or des SITEVI Innovation Awards 2019

Sun’Agri se voit récompensé par ses pairs avec la réception de la médaille d’or des SITEVI Innovation Awards qui priment chaque année les matériels, produits ou services les plus innovants issus des productions viticoles et agricoles. Ce titre récompense une technologie unique à ce jour, fruit de dix années de recherche et développement, permettant de concilier une agriculture résiliente face au changement climatique et la production d’énergie verte.

« Le SITEVI est un événement d’une grande importance pour tout le secteur. Y être récompensé ainsi après 10 ans de recherche est une belle reconnaissance pour notre démarche et notre technologie. J’espère que cela permettra de mettre en avant les solutions qui existent pour lutter contre le réchauffement climatique. » Antoine Nogier, fondateur de Sun’Agri

Des algorithmes au service des plantes et de la production d’énergie

Créée en 2009 par Antoine Nogier, alors même que le photovoltaïsme « classique » n’en était qu’à ses débuts, Sun’Agri propose aujourd’hui une solution de rupture inédite pour concilier agriculture, viticulture et photovoltaïsme. Le concept : des panneaux photovoltaïques mobiles à 90° disposés au-dessus des cultures et dont l’inclinaison est pilotée par des algorithmes conçus sur-mesure pour s’adapter aux besoins des plantes (ensoleillement, température, eau). La solution permet ainsi d’améliorer le rendement des plantes tout en produisant de l’énergie verte.  Disposés à 5 mètres au-dessus du sol, ils permettent le passage des engins agricoles. Le premier démonstrateur de ce système est visible au domaine viticole de Nidolères à Tresserre (66). 7,5 hectares de friches viticoles ont été aménagés en viticulture raisonnée avec trois cépages différents : Marselan, Chardonnay et Grenache blanc. Les bénéfices de la technologie sont déjà visibles sur ces vignes plantées en 2018.

Sun’Agri, nouveau membre de la Ferme Digitale

En parallèle de cette récompense, Sun’Agri a également annoncé son arrivée au sein de la Ferme Digitale dans la promotion de septembre 2019 avec le statut Spin Off/Intrapreneur. Créée en 2016, la Ferme Digitale est une association loi 1901 qui a pour objectif de promouvoir l’innovation et le numérique pour une agriculture performante, durable et citoyenne. Elle rassemble 42 membres. En intégrant la Ferme Digitale, Sun’Agri entend participer au développement du digital auprès de filières du secteur agricole, échanger des expériences et partager des compétences autour du numérique dans l’agriculture.

Raccordements en hausse au deuxième trimestre 2019, l’amorce de la croissance ?

Le think-tank France Territoire Solaire tire ses conclusions de l’évolution du volume des raccordements effectués au deuxième trimestre 2019. Il appelle le gouvernement à publier les statistiques des projets effectivement raccordés sur les dernières sessions des appels d’offres CRE 3 et CRE 4 afin de pouvoir faire une analyse fine des mécanismes et, surtout, de déterminer si les objectifs de la PPE pourront être atteints.

septembre 25, 2019 Catherine Rollet

Photo : Vitor Oliveira / Flickr

L’Observatoire de l’énergie solaire photovoltaïque, créé en 2012 par le think-tank France Territoire Solaire, établit tous les trimestres une photographie du parc solaire photovoltaïque installé en France. Il vient de sortir les chiffres du deuxième trimestre 2019 : le volume de raccordement s’est établi autour de 226 MW.

Moins de projets en autoconsommation, aussi bien totale que partielle, ont été raccordés durant le deuxième trimestre 2019 par rapport au trimestre précédent. En termes de capacités, 193 MW de projets en autoconsommation étaient en service fin juin 2019 : 36 MW sans injection (réparties sur 12058 centrales, estimation de la capacité sur la base de déclaration des consommateurs) et 158 MW avec injection de surplus (39 190 centrales).

Les segments des installations domestiques de moins de 9 kWc et des centrales en toitures de 100 à 250 kWc stagnent (respectivement 21 MW et 22 MW raccordés).

Les raccordements des projets en toiture de taille moyenne (de 9 à 100 kWc) et de très grande taille (de 250 kWc à 1 MWc) sont en hausse, ainsi que ceux des grandes installations (de plus de 1 MWc). Dans ces segments, des capacités de 49 MW, 7 MW et 125 MW ont respectivement été raccordées ; dans le cas des grandes installations, ce volume représente le double du volume raccordé au trimestre précédent.

Fin juin, la part d’électricité photovoltaïque dans la consommation brute d’électricité en France s’établissait à 3,2 %, ce qui est moins élevé qu’au même trimestre en 2018 (alors à 3,35 %).

Dans son analyse, le think-tank reconnait les avancées faites sur le plan juridique par le gouvernement (plan Place au Soleil, autoconsommation…), mais il souligne que les sujets « Protection du consommateur », « Label solaire », « Réseau d’aide aux collectivités », « solaire & patrimoine » et les thèmes liés à l’agrivoltaisme ne sont pas clarifés.

Une croissance est-elle en vue ?

Pour Antoine Huard, le président du think-tank France Territoire Solaire, « avec 226 MW raccordés, ce deuxième trimestre 2019 marque un retour à un rythme (presque) habituel après deux trimestres décevants. La question est de savoir s’il s’agit d’un simple effet de rattrapage, ou de l’amorçage d’une tendance à la hausse avec l’arrivée des projets lauréats de la première période de l’appel d’offres CRE 4 ».

Début septembre, lors de la publication des volumes de raccordement du premier semestre 2019, le Syndicat des énergies renouvelables (SER-Soler) estimait que pour atteindre l’objectif médian de la Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE) en vigueur pour 2023, il était nécessaire de raccorder environ 450 MW par trimestre. À ce jour, le volume de projets en attente croît et dépasse les 5 GW, mais ce sont les volumes de raccordement du prochain trimestre qui dévoileront si la tendance est à la croissance : « Le prochain trimestre constituera un test important à cet égard, puisqu’il devrait normalement voir se raccorder les volumes issus de la deuxième période », explique Antoine Huard. « Nous appelons les services du Ministère de la Transition écologique et solidaire à publier les statistiques des projets effectivement raccordés sur les dernières sessions de l’appel d’offres dits CRE 3 et CRE 4. Il est en effet indispensable de suivre cet indicateur afin de pouvoir évaluer l’impact des mesures du plan Place au Soleil et la capacité du mécanisme actuel à pouvoir délivrer les objectifs prévus par la PPE. »

Google, Ikea : les entreprises veulent investir dans l’énergie verte

La tenue du sommet de l’ONU pour le climat à New York a été anticipée par plusieurs entreprises privées. Parmi elles, Google et Ikea ont annoncé leurs ambitions pour produire de l’énergie verte. Si les investissements des grands groupes privés en faveur des énergies renouvelables se multiplient depuis plusieurs années, l’opération validée par Google le 19 septembre 2019 est d’une ampleur sans précédent, tandis que le marchand de meubles vise désormais l’autonomie énergétique. Explications…

Des entreprises privées engagées pour l’énergie verte…

Jouir d’une excellente réputation est indispensable pour toute entreprise qui vise à s’imposer auprès du public. Des géants aussi différents que Google et Ikea l’ont bien compris et ont fait le pari depuis plusieurs années de verdir leur fonctionnement. Les deux entreprises investissent des sommes importantes en faveur du développement des énergies renouvelables et depuis quelques jours, elles communiquent sur leurs nouvelles ambitions. Un calendrier qui ne doit rien au hasard puisque le sommet de l’ONU pour le climat (auquel participent de nombreuses entreprises) s’est ouvert ce lundi 23 septembre 2019.

Le géant suédois du meuble s’est engagé dans la transition énergétique il y a dix ans. Après avoir axé sa stratégie sur les performances énergétiques, l’entreprise a entrepris de recourir aux énergies renouvelables. Le groupe a annoncé investir un milliard d’euros supplémentaire dans l’éolien avec pour objectif bientôt atteint de produire plus d’énergie verte qu’elle n’en consomme. Selon la maison-mère d’Ikea, la production d’énergie renouvelable actuelle est estimée à 1,7 GW, répartie entre 920 000 panneaux solaires en fonctionnement, 700 000 autres en construction aux Etats-Unis, et 534 éoliennes situées dans quatorze pays. Parallèlement, la CSO d’Ingka Group, Pia Heidenmark Cook, a déclaré : « nous continuons d’investir massivement dans le développement de notre offre de services énergétiques domestiques, dans le but de le rendre disponible sur l’ensemble de nos 30 marchés d’ici 2025 ».

Mais parfois soupçonnées de greenwashing !

Du côté de Google aussi, on veut investir dans l’énergie verte. L’entreprise de la Silicon Valley a annoncé le 19 septembre 2019 vouloir investir deux milliards de dollars dans l’éolien et le solaire. Le PDG de Google, Sundar Pichai, assure que « la durabilité était l’une des valeurs fondamentales de Google ». C’est pourquoi, « au fil des années, nous avons travaillé dur pour réduire l’empreinte carbone de nos activités, créer des produits adaptés à la population et à la planète, et impulser des changements à l’échelle de nos chaînes d’approvisionnement ».

Ce discours sonne particulièrement bien dans le contexte actuel, mais ne reflète pas exactement la réalité selon certains. Des employés de la firme américaine se sont fendus d’une lettre dans laquelle plusieurs problèmes sont soulevés. On note, entre autres, les data centers extrêmement gourmands en énergie ainsi que des législateurs américains qui soutiennent Google, mais qui s’opposent aux textes de loi trop contraignants en matière environnementale. La frontière est parfois floue entre une réelle volonté de changer de paradigme et le greenwashing.