A Bruxelles, installer des panneaux solaires pour produire sa propre électricité ne coûte plus rien

Les « certificats verts » (CV) sont, en Belgique, l’équivalent de nos « certificats d’économies d’énergie » (CEE). Ils ne sont désormais en vigueur que sur la métropole bruxelloise et le principe est extrêmement simple. L’énergie produite, entre-autre, par une installation photovoltaïque en autoconsommation, génère des « certificats verts », dont le nombre est proportionnel à l’électricité produite. Ces certificats sont ensuite vendus aux distributeurs d’électricité « grise » soucieux de verdir leurs offres.

SunnyRoof, une jeune start-up bruxelloise, s’est engouffrée dans la brèche et propose aux habitants de la capitale l’installation entièrement gratuite de panneaux solaires, en échange de leurs certificats verts.

À l’horizon 2020, le gouvernement s’est donné comme objectif d’arriver à ce que 15 % de l’électricité produite à Bruxelles soit verte. Tout fournisseur d’énergie qui ne respecte pas ce quota devra payer une amende de 100 euros par mégawattheure (1000 kWh) d’électricité qui n’est pas verte.

En soutien à cette production d’énergie verte, le gouvernement octroie des certificats verts pour récompenser les producteurs d’énergies renouvelables. Les CV sont octroyés en fonction de la quantité d’énergie verte produite et détenus par le producteur d’électricité pour une durée de dix ans.

Par ailleurs, ces certificats sont monnayables. « Les producteurs d’énergie vont donc acheter ces CV aux particuliers qui ont, par exemple, des panneaux solaires, et les donner au gouvernement. Ce qui leur permet d’éviter de payer l’amende », explique Karim Marrakchi, cofondateur de SunnyRoof.

Un dispositif équivalent existe en France, il s’agit des certificats d’économie d’énergie, ils permettent de financer l’isolation des combles, l’installation d’une pompe à chaleur ou encore un chauffe-eau solaire. Mais les installations de production d’électricité en autoconsommation sont exclues. Un amendement déposé par des parlementaires lors de l’examen de la « loi énergie – climat » pour les autoriser a en effet été rejeté avec l’accord du gouvernement. Le dispositif belge n’a donc aucune chance de voir le jour, à court terme, en France. Notre pays, malgré les discours officiels, continue de favoriser l’électricité produite de façon centralisée, y compris avec de grandes centrales solaires.  

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